Notice sur le château de Léran
par Siméon Olive, Édouard Privat, Toulouse 1921
Le
château de Léran, situé dans le département de l'Ariège (ancien Languedoc),
autrefois sous la mouvance des comtes de Foix, faisait partie des conquêtes de
Simon de Montfort, chef de la croisade contre les Albigeois; il fut compris
dans les nombreux fiefs qui composèrent la seigneurie de Mirepoix attribuée, vers
1212 , à Gui de Lévis I, maréchal de cette armée.
Gui était le second fils de Philippe de Lévis, mort en .1204, seigneur de Lévis,
dans l'île‑de‑France, qui avait occupé une haute situation auprès
du roi Philippe-Auguste.
Après
la mort de Simon de Montfort, tué au siège de Toulouse le 25 juin 1218, la
fortune devint contraire aux Croises du Nord. Les chefs albigeois, ayant à leur
tête les comtes de Toulouse et de Foix, reprirent par les armes leurs anciennes
possessions.
......
Le château de Léran était, à l'époque de la conquête, une forteresse
........les trois tours principales, avec des murs de près de deux mètres d'épausseur,
existent encore, englobées dans le manoir actuelle.
......
Le château confisqué pendant la période révolutionnaire, fut vendu par la
Nation, en 1793, avec la terre de Léran; mais gràce à l'énergie des habitants,
qui le défendirent contre des bandes de pillards descendus de la montagne, il
ne fut pas démoli. On fit enlever les toitures à pignon, ce genre de
construction étant un privilège spécial de la noblesse, que l'on voulait faire
disparaître; des toitures ordinaires les remplacèrent. La conservation de l'immeuble
lui valut d'être racheté par la famille, à laquelle on avait restitué, en 1798,
les épaves des biens non vendus, parmi lesquelles était la forêt de Léran. Le 14 octobre 1805, le château rentra, par rachat, en
possession des Lévis, abandonnant la splendide demeure de Lagarde qui, depuis
1340, avait été l'objet d'embellissements constants. Les Lévis-Léran étaient venus 1'habiter, en 1757, à la mort du maréchal
duc de Mirepoix, fiers de cette résidence princière qui ne fut pas épargné par
la tourmente révolutionnaire. Elle fut pillée el démolie en partie. On en voit encore
aujourd'hui les majestueuses ruines, qui font l'admiration des visiteurs 1.
Après
l'acquisition, Léran resta sans être habiter jusqu'en 1851, A cette date, l'aîné de la famille Adrien‑Charles‑Gui‑Marie,
duc de Lévis-Mirepoix, etc etc en fut l'héritier. Il voulut réparer les dégàts occasionnés par cent années d'abandon, et le mettre en rapport avec les goûts du temps présent, tout en lui conservant son ancien caractère de
manoir féodal; il en commença la restauration en
1875, sous la direction d'un célèbre
architecte de Paris, M Clément
Parent. Elle a été continué par son fils, Charles-François-Henri-Jean-Marie, devenue,
en 1886, duc de Lévis-Mirepoix etc . Ils en ont fait une des
plus belles demeures du Midi de la France.
L 'écusson des Chabannes-la-Palice rappelle la participation
d'Henriette‑Catherine de Chabannes‑la‑Palice, à laquelle le
duc Henri s'était uni.
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La
galerie se termine par un couronnement de créneaux,
style renaissance, au milieu desquels sont encadrées les
armes Lévis-Merode. ...... Cet écusson indique la génération
qui a commencé l'exécution des travaux.
1 Ces ruines ont été rachetées, avec l'enclos, en 1919, par M le duc Antoine
de Lévis‑Mirepoix